Trois régimes, pas deux
On oppose souvent traiteur libre et traiteur imposé. En pratique il existe un régime intermédiaire, et c'est celui qu'on rencontre le plus souvent dans les beaux lieux parisiens.
Le traiteur libre : vous venez avec qui vous voulez, y compris vous-même. Le lieu met une cuisine ou un office à disposition et vous facture la salle, point. C'est le régime le plus favorable au budget et le plus exigeant en organisation.
Le traiteur imposé : une seule maison, celle du lieu ou son partenaire exclusif. Le prix est annoncé par personne, la négociation porte sur le menu, pas sur le prestataire.
La liste référencée : trois à six traiteurs agréés parmi lesquels choisir. C'est un compromis honnête, sauf quand la liste est courte et que les maisons se connaissent : les devis se ressemblent alors beaucoup.
Le droit de bouchon et la redevance traiteur
Quand le lieu accepte un traiteur extérieur, il facture souvent une redevance, présentée comme une participation aux fluides et à l'usure de la cuisine. Comptez 300 à 800 € forfaitaires, ou 3 à 8 € par personne.
Le droit de bouchon concerne les boissons : de 8 à 15 € par bouteille si vous apportez votre vin, parfois 20 € pour un champagne. Sur cent invités et trente bouteilles, la ligne atteint 450 € sans que personne ne l'ait vue venir.
Ces deux montants sont négociables, contrairement au tarif de la salle. Ils apparaissent rarement sur les pages de présentation : c'est une question à poser dès le premier échange, pas au moment de signer.
Comment arbitrer
L'écart réel entre les deux formules se mesure sur le prix par personne de la restauration, pas sur le principe.
Un traiteur imposé dans un lieu parisien facture couramment 65 à 95 € par personne pour un cocktail dînatoire. Le même niveau de prestation, en mise en concurrence, se trouve entre 40 et 65 €. Sur cent invités, l'écart tourne autour de 2 500 €, à comparer à la redevance et au surcroît de travail.
Le traiteur imposé garde deux avantages réels : il connaît le lieu, ses accès et ses contraintes, et il assume la remise en état. Sur une cave voûtée avec un escalier étroit ou un rooftop sans monte-charge, cela vaut son prix. Dans un loft de plain-pied, beaucoup moins.
Ce qu'il faut vérifier avant de signer
- Le régime exact, écrit noir sur blanc dans le contrat, pas seulement annoncé au téléphone.
- Le montant de la redevance traiteur et du droit de bouchon, et s'ils s'appliquent aux softs.
- L'heure limite de livraison et l'heure de sortie du matériel : certains lieux imposent le débarrassage le soir même.
- L'existence d'une vraie cuisine ou d'un simple office : un traiteur ne peut pas tout faire sur deux plaques.
- Qui fournit la verrerie, la vaisselle et le linge, et à quel prix s'ils sont loués.
- L'assurance responsabilité civile demandée au traiteur extérieur, à transmettre avant l'événement.
La répartition sur notre catalogue
Sur 55 lieux en ligne, 25 nous ont confirmé laisser le traiteur libre, soit 45 %. Nous n'affichons cette mention que lorsque le lieu l'a confirmée : sur les autres, la question se pose au moment du devis, et elle mérite d'être posée tôt.
Questions fréquentes
Peut-on faire livrer un traiteur dans un lieu à traiteur imposé ?
Non, l'exclusivité est contractuelle et son non-respect entraîne en général la perte de la caution. En revanche, beaucoup de lieux acceptent une pâtisserie extérieure pour un gâteau d'anniversaire ou de mariage, parfois avec un droit de découpe.
Le droit de bouchon s'applique-t-il aux boissons sans alcool ?
Rarement, mais cela arrive. La formulation à vérifier est « toute boisson apportée » plutôt que « tout vin et spiritueux ». Sur une soirée avec beaucoup de softs, la différence n'est pas anecdotique.
Un traiteur extérieur doit-il visiter le lieu avant ?
C'est vivement conseillé, et souvent exigé. Il vérifie l'accès livraison, la puissance électrique disponible, la présence d'un point d'eau et l'espace de dressage. Une visite technique évite les mauvaises surprises le jour même.